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Liquidons une fois pour toutes le concept du « Dieu chrétien »
Un texte de Julie Parent
There’s a leak in the boiler room / The poor, the lame, the blind /
Tom Waits, «God’s Away on Business»
Oui je sais, nous vivons dans une société dite laïque, post-Révolution tranquille. Pourquoi ramener Dieu sur la table? N’est-il pas mort, comme l’avait annoncé Nietzsche? Peut-être, mais les émanations de son cadavre persistent et me chatouillent le nez. Je vous prie donc de me laisser éternuer une fois pour toutes sur sa dépouille.
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Entendu un matin de printemps à la radio : «À venir, une œuvre pour Dieu le Père de Jean-Sébastien Bach… Et qui sait, Dieu le Père va peut-être nous amener du soleil aujourd’hui!»
Voilà une remarque bénigne comparée à la rhétorique d’un chef d’État qui se réclame du droit divin dans l’exercice de ses fonctions – je n’ose dire du pouvoir! Néanmoins, un frisson me parcourt la nuque quand j’entends user avec une telle légèreté d’un concept deux fois millénaire qui a laissé de si profondes cicatrices sur la face de l’humanité.
J’aurais préféré que la gentille animatrice emploie le mot Manitou, le «grand esprit» en langue algonquine…
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Il paraît que Dieu a créé l’homme à son image. Et que Dieu n’aime pas le péché. Comment alors expliquer le fait que l’homme a de tout temps été un pécheur incorrigible, à tel point que les représentants du boss sur Terre ont dû mettre sur pied toute une industrie de cubicules de confesse, d’égrenage de chapelet, d’Indulgences et de shows de preachers?
Dieu aurait donc fabriqué une créature qui est à la fois comme Lui et contre Lui?
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Peut-être que Notre Père est un créateur incompétent (intelligent design, ha!), au fond, dans lequel cas il mériterait d’être congédié au même titre que les dirigeants d’entreprise qui ne font pas la job.
Mais moi, je pense plutôt que Dieu est christement pervers. Et qu’il voulait juste faire la piasse, viande à chien!

