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Navet Confit: un conte de fée jardinier

juin06 > Musique > Culture > Magazine

Navet Confit: un conte de fée jardinier


Dans un petit jardin dans un coin creux du Québec poussa un Navet. Un Navet qui se mit à écrire des chansons, à y mettre des sons et de la musique parfois expérimentale et drôlement grunge. Puis des sons plus pop sortirent de ce jardin, des pousses de chansons qui restent dans la tête. Navet confit cultivait tranquillement son son. Le légume construisit des maquettes et arpenta quelques supermarchés.

– Ta musique est bonne mais ta voix, c’est, comme on dit en anglais, «dry and dead».
– Je suis sec et mort?

Le Navet devint déconfit et partagea ses larmes avec une échalote graphiste et une betterave groupie.

– Sec et mort? Ils n’ont rien compris.
– Navet, pourquoi tu ne cultiverais pas ton jardin indépendant?
– Oui! Et nous l’appellerons «les disques Dry and Dead»!
– On va faire tes pochettes en sérigraphie.

Il obtint un succès immédiat auprès des radios indépendantes avec les maxis EP1 et EP2. Ses bijoux pop psychédéliques gravirent les échelons des palmarès. Le Navet, devenu très confit, trouva même d’autres légumes avec qui jouer de la belle musique sur scène: Carl-Éric Hudon, Plywood 3/4, Télémaque et Natasha.

Navet Confit, de plus en plus gros et juteux, prépara enfin sa salade officielle, LP1, premier album à pochette grattable de l’histoire du Québec. Tout le monde voulait y goûter. Bien des groupes voulaient mettre un peu de Navet dans leurs recettes, car le Navet n’est pas qu’un one-man band, il est également un fin producteur de légumes.

– Navet, tu veux produire mon album?
– Non, non, oui, oui.

Il collabore alors avec Le Husky, Sébastien Lafleur et Les Trompes l’œil, qui sortirent tous leur album respectif avant la fin de l’année. Il défriche aussi avec divers artistes, que l’on ne nomme pas, parce que le name-dropping, ça va faire…


Le Navet fait aussi des bonbons

Tout ce talent ne pouvait pas passer inaperçu, GSI (étiquette travaillant entre autres avec Gilles Vigneault, Marie-jo Thério ou Jean-Pierre Ferland) lui offre une occasion en or: la direction artistique d’un nouveau label, La Confiserie. Tout le monde espère que cette nouvelle venue apportera un souffle nouveau sur la musique au Québec, nous promettant déjà des sons «pas toujours gentils avec les oreilles».

Le Navet pourra y propager son univers musical et visuel, puisque son équipe actuelle se greffera également aux futurs bonbons de La Confiserie. Des dégustations seront offertes aux Francofolies, au Festival d’été de Québec, à Woodstock en Beauce, au Zaricot et dans plusieurs salles de la province tout l’été. Bon appétit!

À propos de l'auteur

Annie Bélanger

Catherine aime aller voir des concerts et danse sans se poser de question. N'étant en rien musicienne, elle vous raconte ce qu'elle voit de son oeil de jeune fille chaste. Avec son nez de fouine, elle tente de vous dénicher des idées de sorties. Annie aime les gros beats sales, faire la fête ou faire semblant. Elle court les lancements dans le but de goûter aux différents canapés et boire du champagne et de la bière grenadine aux frais de l'industrie. Elles sont soeurs et groupies (et un jour, elles surpasseront Nicolas Langelier…).

Autres textes par Annie Bélanger







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